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Affaire Sarah Halimi: Kobili Traoré interpellé dans un autre dossier, la famille veut un procès
information fournie par AFP 27/02/2026 à 13:24

Une pancarte "Justice for Sarah" lors d'un rassemblent place du Trocadéro à Paris, le 25 avril 2021, pour réclamer justice pour le meurtre de Sarah Halimi en 2017  ( AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT )

Une pancarte "Justice for Sarah" lors d'un rassemblent place du Trocadéro à Paris, le 25 avril 2021, pour réclamer justice pour le meurtre de Sarah Halimi en 2017 ( AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT )

L'interpellation, dans une récente affaire de séquestration, de Kobili Traoré, jugé pénalement irresponsable du meurtre de Sarah Halimi en 2017, peut-elle rouvrir ce dossier retentissant ? C'est le voeu de la famille de la sexagénaire juive tuée, qui espère toujours un procès.

Un nom bien connu de la chronique judiciaire a donc refait surface vendredi par le biais d'un communiqué du parquet de Paris. Kobili Traoré, ainsi que deux autres suspects, vont passer devant un juge d'instruction "en vue de leur mise en examen", mis en cause dans une affaire d'"enlèvement, séquestration et vol avec arme", crimes passibles de 20 ans de réclusion. Leur détention provisoire est requise, précise encore le ministère public.

Kobili Traoré, gros consommateur de cannabis, avait roué de coups, au cri de "Allah Akbar", et jeté par-dessus le balcon Sarah Halimi, sa voisine d'immeuble, âgée de 65 ans, il y a près de 9 ans à Paris.

Bien qu'entérinant la nature antisémite du meurtre, la Cour de cassation, plus haute juridiction de la justice française, avait confirmé l'absence de procès dans cette affaire retentissante en avril 2021. Selon les experts psychiatriques, le meurtrier a été pris d'une "bouffée délirante" au moment des faits.

Cette décision avait provoqué un vif émoi en France et au-delà, avec des manifestations d'ampleur dans l'Hexagone et en Israël pour réclamer, en vain, un procès du meurtrier, confié à différents services psychiatriques.

- "Stupéfaction et effarement" -

Cette fois Kobili Traoré, et deux complices présumés, s'en sont pris fin janvier à une personne chez qui ils "se fournissaient en stupéfiants" et avec qui l'un des suspects "avait un litige financier", mentionne le parquet de Paris.

Une fois dans son appartement, ils ont aspergé la victime "de gaz lacrymogène" et l'ont "violentée, avant de fouiller l'habitation". Des bijoux, sacs de valeur, téléphone, et la clé d'un box ont été dérobés. Les agresseurs présumés ont attaché la victime sur une chaise avant de quitter les lieux.

"C'est avec stupéfaction et effarement que nous avons appris que l'assassin et le bourreau de Sarah Halimi a été placé en garde à vue", pour des faits "particulièrement violents", a réagi la famille de Sarah Halimi par la voix de son avocat Me Olivier Pardo.

La famille de Sarah Halimi, "qui a vécu l'absence de procès comme une blessure qui ne se referme pas ne peut que s'indigner" de la permission de sortie dont aurait bénéficié Kobili Traoré pour commettre ce récent méfait, alors qu'il faisait l'objet d'une "hospitalisation sous contrainte", selon ce conseil.

Cette séquestration "démontre un peu plus la nécessité impérieuse de rouvrir ce dossier afin de rétablir la vérité", souligne Me Pardo, selon qui des "éléments nouveaux vont être produits" démontrant "que la thèse de l'abolition du discernement après la prise de stupéfiants ne correspond pas à la réalité".

- "Comme dans l'affaire Epstein" -

"Des initiatives procédurales seront prises dans les prochaines semaines", ajoute encore le conseil, martelant dans un communiqué que "le calvaire et l'assassinat de Sarah Halimi ne peuvent rester impunis".

Le cabinet de Me Pardo travaille depuis plusieurs mois sur ces éléments nouveaux, qu'il réserve à la justice et qui sont de nature selon lui à "pouvoir permettre la réouverture du dossier du meurtre de Sarah Halimi, un peu comme dans l'affaire Epstein", éclaire-t-il cette fois auprès de l'AFP.

Argument majeur pour la famille de Sarah Halimi, un psychiatre a attesté au cours de la garde à vue récente de Kobili Traoré "qu'il ne présentait pas de symptomatologie aigüe, ni syndrome délirant ni désorganisation", rapporte le parquet de Paris.

"Kobili Traoré a dû faire valoir, cette fois encore, que son discernement était aboli, mais cette fois l'expertise démontre que ce n'est pas le cas, c'est un élément complémentaire sur lequel je vais m'appuyer", insiste auprès de l'AFP Me Pardo. "Avec ces faits récents et les éléments nouveaux que nous allons apporter sur la mort de Sarah Halimi, nous entendons démontrer qu'il y a eu une préméditation qui est incompatible avec une abolition du discernement", conclut l'avocat.

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